Mode : on est vraiment des moutons

D’accord, je parle pour moi. Je suis donc un mouton, disais-je.
Ce matin, alors que je glissais mon jean dans mes bottes, j’ai réalisé à quel point on était (ok, « je ») victime de la mode et des tendances. J’ai constaté avec effarement qu’il y a moins d’un an, il aurait fallu me payer pour que j’introduise mon pantalon dans mes chaussures (je suis d’une génération où quand tu rentres ton pantalon dans quelque chose, il s’agit d’un pantalon de jogging jaune et il est rentré dans une chaussette Nike blanche. Parfois d’un seul côté, alors autant vous dire que ça ne me venait pas vraiment à l’esprit de faire ça pour  me rendre sur mon lieu de travail. Quoique j’aimerais bien voir la tête de mon chef si je débarquais en jogging racaillou. Mais je m’égare). Là vous allez me dire que je suis en retard, parce que ça fait bien plus d’un an que les fashionistas portent les bottes sur le pantalon. C’est donc pire. Non seulement, je suis bêtement la mode, mais en plus, je suis à la bourre. Je ne fais les choses qu’une fois qu’elle sont entrées dans les mœurs, en fin de compte.  
La liste des diktats de la mode qui ont sournoisement investi mon armoire est, à ma plus grande honte, plutôt longue. 
– Les sandales tropéziennes. Été 2008, toutes les filles, de Paris à Marseille en passant par l’Alsace et la Lorraine (probablement, je ne suis pas allée vérifier), se chaussent de sandales spartiates, le plus souvent du modèle (voire de la marque, comme ça, on est bien sûres de toutes avoir les mêmes) Tropéziennes. Je rigole bien, parce qu’elles sont ridicules, quand même. Juin 2009 : j’achète une paire de Tropéziennes, et que je quitte pas de l’été. Parce que c’est tellement confortable et ça va avec tout, vous comprenez.
– Le gilet long. Le gilet qui fait peignoir, je ne comprends pas tout à fait l’intérêt. Jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’en hiver, avec une robe, c’est hyper pratique. Maintenant, j’en ai trois. 
– Les mocassins. Je ne sais pas exactement si j’avais quelque chose contre le mocassin en lui-même, ou s’il m’évoquait simplement de douloureux souvenirs (quand j’avais 12 ans, ma mère a estimé que les mocassins Salamander, c’était le comble du chic et m’avait forcée à porter ceux qu’elle m’avait achetés pour aller au collège, alors que moi, je voulais des Nike Air). Du coup, quand le mocassin a envahi les rayons des magasins de chaussures, j’y ai été assez réfractaire. Finalement, les mocassins avec 10 centimètres de talons Clarks m’ont réconciliée avec ces chaussures (et m’ont aussi valu une belle tendinite, mais c’est un autre débat, peut-être qu’un jour, je me pencherai sur la question « Pour ou contre les talons de 10 centimètres dans une société civilisée ? »). 
– La robe sac. Le bout de tissu à 50€ qui ressemble finalement à un bon gros sac de pommes de terre. Que tu finis par acheter dans 5 couleurs et matières différentes pour en avoir une adaptée à toutes les occasions (été ou hiver, au travail, en soirée ou à la plage).
– Le short avec les bottes. Il y a deux ans : « C’est pour les pouff ». Mon armoire contient un short d’été, un short d’hiver (le comble) et même un short tailleur. 
– Les lunettes mouche de  Ray-Ban. J’adore mes lunettes. 
– La marinière. J’ai failli l’oublier, mais c’est parce que la marinière, c’est un peu devenu un t-shirt noir. A ma décharge toutefois : je n’en possède qu’une et je n’ai jamais porté le gilet rayé que j’ai acheté l’hiver dernier (Obélix n’a pas tort au sujet des rayures horizontales).
Mais attention, je n’ai pas fini la résistance, et je croise les doigts pour ne pas céder : 
– Au jean slim (je ne comprends toujours pas qu’un vêtement objectivement adapté aux personnes mesurant au moins 1m70 soit devenu le basique de l’armoire des françaises, qui mesurent en moyenne 1m63 (pour 63 kg…, source Insee). Parenthèse qui n’a absolument rien à voir : si vous souhaitez faire une recherche sur la taille moyenne des femmes en France, les mots clés de recherche « taille moyenne des françaises » ne sont pas les plus adaptés, puisque 4 des 10 premiers résultats sont relatifs à la taille moyenne du pénis en France. Dont l’un s’intitule plus exactement « Taille de mon zizi » et l’autre provient d’un site de rencontres.
– Aux sabots. Surtout ceux à talons. 
– Au pantalon / short / jupe en cuir. 
– Aux cuissardes. Même remarque que pour le jean slim (vous l’avez compris, je ne fais pas 1m70. Contrairement à ma petite sœur. La vie est mal faite, que voulez-vous). 
La dernière tendance qui me fait bien rire : « le pull alpin ». 
Quand je pense au nombre de pulls avec de sublimes imprimés « lama » que je n’ai pas achetés en Équateur, j’en ai presque des regrets.
novembre 5, 2010

  • Quand je pense qu'on va bientôt:
    – porter des chaussettes au genou avec une mini-jupe et des mocassins (ce qui devrait être interdit aux filles faisant plus que du 34),
    – porter un gilet sans manches en fausse fourrure lapin avec des queues des dits-lapins qui pendent de partout,
    – mettre des sabots à talons et fourrés,
    – acheter une robe ""folkore" (type heidi dans la montagne pour adulte),
    l'an prochain (vu que cette année on sera réfractaire), on est pas garée des vélos!!!

    Agrume (qui a aussi commencé à mettre son pantalon dans ses bottes -sic-)

  • Sur le slim :

    Parfois tu peux faire 1m70, le mollet refuse de rentrer dans le slim H&M de 2006 (True story). Entre temps ils ont a priori démocratisé la chose, ce qui me fait penser que d'autres françaises ont connu le moment humiliation-dépression en cabine du pantalon qui coince avant le cuissot.

    M.A qui ne peut même pas rentrer le pantalon dans les bottes, faute de place (cela dit, à ce niveau aussi y a eu démocratisation, y a deux ans c'était inenvisageable, aujourd'hui j'ai juste le sang qui circule plus)

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