Leçon d’oenologie façon Smooth #1 – Le Beaujolais

Je l’avais rapidement mentionné ici : l’œnologie fait partie de mes nouvelles lubies. L’avantage d’un weekend passé à évacuer une sinusite (merci de ne pas me visualiser en pyjama, le nez rouge et prête à dégainer mon mouchoir), c’est qu’on a le temps de faire beaucoup de choses. Par exemple, des fiches d’œnologie le samedi soir à minuit.
Cet été, en fouinant dans la bibliothèque parentale, j’ai trouvé une collection de livres sur le vin (mon père est un sacré collectionneur lubiesque) : Vins de France et du monde, par le Figaro Magazine et la Revue du Vin de France (malheureusement, il manque certains tomes, il va falloir que je complète la collection dans les plus brefs délais). 
Je commence mes fiches-résumés par le Beaujolais, d’abord parce que je trouve que c’est l’un des plus simples à appréhender, ensuite parce que c’est assez immédiatement ré-utilisable dans la (ma) vie quotidienne (on trouve toujours du Beaujolais dans les brasseries parisiennes, autant savoir s’y retrouver : pour ma part, j’ai mobilisé mes connaissances pour la première fois hier au Café de l’Odessa et j’en étais très fière, ma copine Mx pourra en témoigner – de ma fierté, j’entends). Et puis bientôt c’est le Beaujolais nouveau. 
Première information utile : le guide des Millésimes du Beaujolais.
Années excellentes : 2005 (19/20), 2003 (17/20), 2001 (17/20), 1999 (17/20) et 1996 (18/20) – le guide remonte jusqu’à 1964, mais bon. 
Bonnes années : 2008, 2007, 2006, 2004, 2002, 2000
Pas très bon (officiellement intitulé « moyen ») : 1997, 1994
L’oeil, le nez et la bouche (j’adore cette partie du livre, elle me donne envie de boire du vin, quelle que soit l’heure).
En résumé, le Beaujolais est plutôt rouge vif. Mais ça dépend de quel Beaujolais on parle, bien sûr. 
Beaujolais nouveau : robe brillante et franche (vermeil avec reflets violets)
Beaujolais villages : brillance et reflets cerise
Brouilly : couleur intense, plutôt rubis profond 
Crus les plus structurés (Juliénas, Fleurie, Morgon, Moulin-à-Vent) : grenat sombre et rubis profond.
A ce stade de la lecture, j’aurais tendance à dire que plus le vin est bon, plus il est sombre, lorsqu’on parle de Beaujolais. Mais bon, c’est peut-être un peu réducteur, je ne sais pas. 
 Le Beaujolais se caractérise avant tout par sa richesse aromatique (tous les ans, on essaie de trouver si le Beaujolais nouveau a plutôt le goût de banane, de fraise, de prune… Je ne l’avais jamais fait, mais je m’y emploierai dès le 19 novembre 2010). 
Là encore, les « crus plus structurés » sont plus complexes (fruits, fleurs, voire cannelle ou fruits cuits). 
En bouche, le Beaujolais est très fruité et gourmand, mais les crus plus complexes (Juliénas, Brouilly, Morgon, Moulin-à-Vent) sont plus nerveux, épicés, plus longs en bouche, les Fleurie sont les plus féminins, élégants et fins, alors que les chiroubles sont frais et équilibrés (il va me falloir quelques vraies dégustations pour associer ces concepts à des goûts et sensations parce que là, euh…). 
Le vignoble : le Beaujolais fait partie des vins de Bourgogne, c’est la septième région viticole de France avec 20 500 hectares.  Et hop, une petite carte.
Il y a treize appellations Beaujolais :
Beaujolais (inclut le Beaujolais supérieur)
Beaujolais-Village : trente huit communes ont droit à cette appellation
Beaujolais Nouveau, qui se superpose aux appellations précédentes
Brouilly : la plus vaste et méridionale appellation du Beaujolais
Chénas : Le plus petit des crus du Beaujolais
Chiroubles : Le plus élevée des appellations, qui produit des vins parmi les plus équilibrés
Côte de Brouilly : Petite appellation au sol spécifique (volcanique)
Fleurie : l’un des « fleurons » du Beaujolais
Juliénas : Sols arides et granitiques
Morgon : Appellation vaste, sur la ville de Villié-Morgon
Moulin-à-Vent : Sur deux villages
Régnié : Appellation reconnue en 1988
Saint-Amour : Petite appellation
Cépage : il n’y a que deux cépages employés en Beaujolais : le Gamay pour les vins rouges et rosés et le Chardonnay pour le vin blanc.
(je ne résume pas la vinification, les sols, ni l’histoire du vin, parce que de toute façon, je ne m’en souviendrai jamais). 
Quelques-unes des meilleures propriétés sélectionnées par le Figaro : 
– Les vins Goerges Duboeuf (Château Clos du Moulin-à-Vent 2005 – Morgon Belles Grives 2006 – Juliénas Château des Capitans)
– Le domaine Mommessin (Moulin-à-Vent Terres de Silice 2006 – Brouilly Château de Pierreux 2007 – Morgon Côte de Py Monternot 2006 – Fleurie Roches 2006)
– Château Thivin (Côte de Brouilly Zaccharie 2006 – Côte de Brouilly La Chapelle 2006 – Côte de Brouilly les 7 Vignes 2007)
– Domaine Jean-Marc Burgaud (Morgon Côte du Py)
– Château des Jacques (Moulin-à-Vent Clos du Grand Carquelin 2004 – Morgon Côte du Py 2004) 
(je pense qu’on peut en déduire qu’un Morgon Côte du Py est rarement dégueu, non ?)
– Domaine Daniel Bouland (Morgon Vieilles Vignes 2007, Côte de Brouilly Mélanie 2007)
– Domaine Chignard (Fleurie Cuvée Spéciale Vieilles Vignes)
– Domaine Hubert Lapierre (Chénas Vieilles Vignes 2007, Chénas Fût de Chêne 2003)
Trois domaines mythiques : 
– Domaine Louis-Claude Desvignes (Morgon)
– Domaine du Vissoux ( Fleurie, Moulin-à-Vent, Beaujolais Cœur de Vendanges, Brouilly Pierreux)
– Domaine Dominique Piron (Morgon Côte de Py, Chénas Quartz, Brouilly)
L’entretien avec le sommelier 
Il faut servir le Beaujolais entre 14°C et 16°C . 
Certains crus se gardent bien (Morgon, Fleurie, Moulin-à-Vent, Côte de Brouilly et Juliénas), d’autres sont à boire jeunes. 
Voilààààà, c’était la fiche-mémo Beaujolais, on est content, on a appris plein de choses et la sinusite me grignote le cerveau, je vais donc me coucher (le prochain RDV vin, c’est mardi prochain, pour une dégustation des vins de Corse).
septembre 11, 2010

  • Si l'occasion se présente, une fiche sur les vins hongrois serait la bienvenue, parce que certes il y a du potentiel, mais diable que la langue est hostile…

    M.A perdue en Europe centrale

  • Chère M.A qui est de retour sur le sol parisien,
    C'est noté, mon premier tome "Vins du monde" sera consacré à la Hongrie, pour déguster la bouteille dont nous ignorons tout pour le moment en connaissance de cause.

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