Le vie de yogi #1: Les 8 branches du yoga

Je pourrais vous donner l’emploi du temps type d’un(e) yogi(ni) (le saviez-vous ? Le féminin de « yogi » n’est pas « yogie » mais « yogini »), et je le ferai peut-être à l’occasion (enfin il s’agirait seulement de mon emploi du temps type, je connais autant d’emplois du temps que de yogis – il y en a même qui ne se lèvent pas tôt, si si), mais j’aimerais bien parler un peu de philo et de spiritualité d’abord. Parce que c’est sympa les articles rigolos au 36ème degré, mais bon je suis pas un clown non plus (citation de Harry, qui se reconnaitra).

L’une de mes premières lectures pendant ma formation de yoga était les Yoga-Sutra de Patanjali. C’est hyper aride, et en même temps, c’est une lecture qui permet de comprendre pourquoi on fait du yoga, ce qu’on peut en attendre, quelle sont la philosophie et la réflexion qui sous-tendent cette pratique, et personnellement, m’a permis de réconcilier une pratique très physique et tournée vers le corps avec la recherche de bien-être et de spiritualité qui sont censées être à la base du yoga.

Sutra signifie « fil ». Ce sont des aphorismes, des phrases assez courtes, certaines claires, d’autres assez obscures, chacune pouvant être décortiquée et interprétée à loisir.

(quant à Patanjali, il existe pas mal de doutes, spéculations et histoires quant à son identité, on suppose même qu’il s’agit de plusieurs personnes, mais l’idée est qu’il s’agit d’une ou plusieurs personnes érudite(s) ayant compilé ces sutras et ainsi « codifié » le yoga entre -200 avant JC et 500 après JC).

Le premier sutra est le suivant : 1.1 Atha Yoganushasanam

Il existe des dizaines de traductions dans chaque langue, l’une d’elle pouvant être : « C’est maintenant que commence l’étude / la pratique du yoga« .

On peut faire des pages et des pages de commentaires sur ce premier aphorisme, qui, du fait du choix des mots, veut dire plein de de choses (le mot « shasanam » par exemple, reflète la discipline, la méthode, et on en comprend donc qu’étudier le yoga implique une telle discipline, un engagement, et qu’il ne s’agit pas juste de lire des bouquins sur le yoga) (le mot « Ahta » ne veut pas juste dire « maintenant on va à la plage » mais a une vraie signification quant au choix du moment, et à l’importance du moment présent).

Mais pas de panique, on n’est pas là pour décortiquer (à l’arrache) chacun des 195 sutras, de toute façon, il y en a encore la moitié que je n’ai pas compris. Et pour commenter intelligemment les sutras, ma foi, il faut les lire dans la langue d’origine et mes connaissances en sanskrit me permettent tout juste de comprendre le nom des postures (le genou, le pied, la tête, allongé, debout, assis, chien, lézard) et de compter jusqu’à 10 (confidence : les cours de sanskrit avaient lieu le vendredi soir à 19h30 et j’étais parfois un peu pétée parce que j’avais eu le temps d’aller prendre l’apéro avant) (sur un réseau social, un petit hashtag « bad yogi » s’imposerait mais j’essaie d’arrêter d’utiliser les hashtags hors contexte, je suis trop vieille pour ça). Si ça vous passionne, Yoga Journal a fait une série d’analyses sur les sutras, et Yoga International aussi (je ne connais pas de bons sites en français, c’est un filon à exploiter, amis yogis spécialistes des sutras).

Pour ma part, je vais en venir au cœur de mon sujet : les 8 branches du yoga décrites dans les Yoga-Sutras. C’est littéralement ce que signifie Ashtanga Yoga (Ashta = 8 ; Le Yoga aux 8 Branches, donc).

8 limbs

Où l’on découvre que les asanas (c’est à dire les postures) ne sont que l’une des 3 branches du yoga. Mais c’est quoi le reste du yoga alors ?

  • Yamas : Les Yamas sont un set de 5 observances morales que le yogi / la yogini s’applique à mettre en œuvre dans son comportement en société.
  • Niyamas : Les Niyamas sont des observances ou des règles de vie que le yogi / la yogini s’applique à lui-même (il y en a 5 aussi).
  • Asana : Asana ne signifie pas tout à fait « faire l’équilibre sur les avant-bras dans un legging à 129 euros, immortaliser la scène en veillant à prendre la photo sous un angle où on voit mon tatouage OM et la poster sur un réseau social quelconque ». En fait le terme renvoie à une action, qui est « le fait de s’asseoir » et est souvent traduite par siège, puis posture. A l’époque des yoga-sutras, la notion de postures du yoga n’existe pas (le saviez-vous (bis) ? La première référence au yoga comme pratique physique n’est apparue qu’au 14ème siècle, avec le concept de Hatha Yoga), il s’agit simplement de savoir rester assis longtemps, pour méditer.
  • Pranayama : Le contrôle de la respiration
  • Pratyhara : Le retrait des sens
  • Dharana : La concentration ou attention
  • Dhyana : La méditation
  • Samadhi : L’état de bien-être absolu, d’unité (avec un dieu ou avec l’univers, l’absolu)

La question de savoir si ces 8 membres s’appréhendent l’un après l’autre ou tous ensemble n’est pas tout à fait claire : si on se doute bien que Samadhi, c’est pas forcément le jour de notre première séance de Bikram (et puis le bien-être absolu en plein cours de hot yoga, voilà voilà), on peut tout à fait imaginer travailler au quotidien sur notre éthique (les Yamas et Niyamas, objets des prochains épisodes de La vie de yogi), sur notre tapis de yoga entre midi et deux pour les asanas et le matin pour notre séquence de Pranayama et de Méditation.

J’aimerais beaucoup vous dire que je vais analyser avec vous chacun des huit membres du yoga, mais les Yoga-Sutras étant quand même pas mal obscurs sur tout ce qui est Attention, Retrait des sens, Samadhi et même Méditation, il me faut quelques lectures et années de plus. Par contre, je vous propose une petite série sur chacun des Yamas et Niyamas, pour mettre un peu plus de principes yogis dans vos vies si le cœur vous en dit, que vous pratiquiez des asanas ou non, finalement. Ca fait quand même une série de 10 articles, c’est un gros challenge pour moi, mais (spoiler), figurez-vous que la discipline est l’un des Niyamas.

 

septembre 2, 2016

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  • Article très intéressant, j’attends la suite!et pourtant je ne pratique pas du tout. J’avais entendu parler d’un livre qui explique les sutras et même si je n’y connais rien en yoga, la philosophie m’intéressait, tu en penses quoi? Y a t’il un intérêt?

    • Merci 🙂
      Ah oui il y a pas mal de bouquins qui analysent et commentent les sutras, c’est hyper intéressant je trouve ! Pas besoin de faire le poirier pour s’y intéresser 😉

  • Très intéressant, merci ! Bon courage pour ton challenge de discipline avec ces 10 articles 😉 ceci dit c’est assez amusant je trouve que tu aies l’impression de ne pas être disciplinée, toi qui te lève tôt pour pratiquer et qui trouve toujours du temps pour ce que tu veux faire !
    Bonne journée 🙂

  • Oh oui oui! la série de 10! c’est très intéressant!!! Merci:)
    pour l’instant je « fais » du yoga, mais je suis bien loin de comprendre tous les tenants et les aboutissants. Et effectivement cette quête du headstand devant paysage de rêves sur les réseaux sociaux me perd un peu. J’ai l’impression que pour beaucoup l’aboutissement se trouve là…

    • Cool, je suis contente que ça t’intéresse 🙂
      Je crois qu’il faut toute une vie pour comprendre tous les tenants et aboutissants du yoga… 😉 C’est une discipline assez infinie, autant au niveau de sa philosophie (puisqu’au final on réfléchit sur notre être, et que ça ne s’arrête jamais) que des postures physiques.
      Mais oui, c’est un vaste débat le yoga sur instagram, c’est sûr qu’une belle photo, ça fait des like, c’est à dire l’occasion pour un prof de se faire connaître, un étudiant fauché de se faire offrir des leggings par une marque, etc etc.
      Je me dis que si ça permet à des gens de venir au yoga, ça n’est pas vain, mine de rien. La personne qui fait des challenge à tout va voudra forcément progresser, ira donc à des cours, tombera peut être à un moment sur un prof qui lui permettra d’aller un peu plus loin dans sa pratique personnelle… Enfin je suis peut être optimiste hein. Je sais qu’en sens inverse, ça peut rebuter des gens d’essayer le yoga, puisqu’ils ont l’impression qu’il ne s’agirait que de faire de belles poses et qu’ils ne s’en sentent pas capables…

      • Et oui, je fais plutôt partie de la 2ème catégories de personnes, celles qui se laisseraient facilement découragées par les photos des belles postures pour l’instant inaccessibles… Mais pour le coup, heureusement que j’ai un cours « en vrai » qui me montre que le yoga ça n’est pas que ça!

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