Et puis un jour, j’ai arrêté le fond de teint

C’était au milieu du mois de juin de cette année 2019, j’étais en Grèce, à Paros plus exactement, dans une villa de rêve devant une petite plage de rochers privée, et on ne faisait rien d’autre que dormir, manger, aller à la plage et apprendre à nager. La belle vie, la vraie.

Un jour, en fin d’après-midi, je me suis douchée après la plage, puis j’ai mis ma crème solaire pour aller dîner (c’est celle des Laboratoires de Biarritz, j’en parlais déjà ici en 2012, et au fil des années, j’ai cessé d’utiliser toutes les autres et achète uniquement celle-ci) (mais j’ai aussi découvert un spray très fluide indice 50 chez Acorelle cette année), et j’ai trouvé que j’avais une tête correcte, alors je n’ai rien mis d’autre. J’ai fait un selfie pour vérifier, et oui, c’était tout à fait correct.

Ca ne vous semble peut être pas exceptionnel, et ça devrait même être la norme, de se mettre un coup de crème solaire ou hydratante et ne pas s’embêter plus au quotidien, mais force est de constater que ce n’est pas ce que font pas mal d’entre nous.

Avertissement : Cet article n’est pas une étude sociologique du maquillage et de l’image de la femme, ni des diktats de la société à ce sujet (bien qu’il y ait beaucoup à dire sur la question), juste mon histoire personnelle et particulière avec ma peau et mon apparence.

Jusqu’à l’année 2008 (celle de mes 24 ans), le maquillage était un artifice que j’utilisais ponctuellement, quand cela me faisait plaisir : je mettais du blush, de la poudre, du crayon, du mascara, du rouge à lèvres… selon mon envie du moment, ce que j’avais prévu pour la journée, ou alors je ne mettais rien.

Puis sont arrivés la maladie, les traitements, et avec eux… la (très) mauvaise mine, et aussi pas mal d’acné. C’est à cette époque que j’ai commencé à chercher des fonds de teint couvrants… et qu’ils m’ont suivie pour 10 ans.

Quelques années plus tard, la chimio était derrière moi, et je décidais d’arrêter la pilule. C’était le début d’une longue galère cutanée, que certain.e.s d’entre vous ont suivie ici : deux/trois ans de lutte contre une acné très sévère, des fonds de teint encore plus couvrants… L’acné a fini par céder avec ma grossesse, mais il m’est resté énormément de cicatrices, que j’ai continué à masquer sous mes fonds de teint.

(Au fil des années, j’étais aussi passée d’une consommation « lambda », c’est à dire « omnivore qui achète ses cosmétiques à Marionnaud ou en parapharmacie », à « écolo vegan », qui utilise de la poudre minérale en guise de fond de teint, mais ça reste du fond de teint, si vegan ecolo et sain soit-il).

J’ai fantasmé de nombreuses années sur la « beauté naturelle ». J’ai dévoré des dizaines de livres « miracle » sur des yogis qui avaient soigné leur acné, leurs cicatrices, leur mauvaise mine… en mangeant sain, en faisant des salutations au soleil, en avalant de la spiruline et en méditant de longues heures. J’ai essayé de faire pareil, mais je n’avais pas le succès escompté. Je n’avais pas l’impression qu’en mangeant des épinards, en faisant du yoga et en méditant, mes cicatrices diminuent ou mon teint soit plus frais (en revanche, je voyais bien l’effet d’abus dans l’autre sens en admirant ma tête au réveil après une soirée arrosée hein).

Alors j’ai continué à appliquer un fond de teint minéral sur mes cicatrices, 7 jour sur 7, directement au saut du lit, et jusqu’à l’heure du coucher (j’ai d’ailleurs essayé de trouver des photos de ces cicatrices et… il n’y a pas de photos de moi non maquillée entre 2012 et 2019).

Du haut à gauche en bas à droite : Août 2009, en fin de chimio, Couvrance d’Avène / Septembre 2012, en pleine crise acnéique, Dermablend de Vichy / Décembre 2016, après une séance de sport, In the Buff de Lily Lolo / Septembre 2019, Rien du tout

Ces douze derniers mois, j’ai commencé à mettre en oeuvre plus de « thérapies » issues de la Médecine Traditionnelle Chinoise dans mon quotidien, et en particulier les massages et auto-massages, après avoir suivi une formation de Tui Na. Je n’avais pas d’objectif particulier, j’aimais simplement ces petits moments de bien-être. J’ai commencé à trouver que j’avais moins « ‘une sale tête », sans pour autant changer mes habitudes, et notamment mon application de fond de teint quotidienne.

Puis j’ai rencontré Elaine, au début pour de simples RDV en acupuncture. Moi qui évitais les « soins visage » depuis des années (car j’en ressortais souvent avec la peau irritée, voire des boutons car je ne supportais souvent pas les produits utilisés, et en prime, démaquillée, or rappelez-vous que je n’ai pas mis le nez dehors sans mon fond de teint entre 2009 et 2019…), j’ai fini par me laisser tenter par son soin visage qui incluait différentes techniques issues de la Médecine Chinoise (guasha, ventouses, acupuncture…). J’en suis ressortie… sans maquillage.

A nouveau , j’imagine que cela peut vous sembler fou, de faire tout un foin de « sortir sans maquillage », mais si vous vous êtes déjà régulièrement fait arrêter dans la rue ou dans les magasins Sephora par des personnes bien intentionnées qui veulent vous proposer un remède pour votre peau, vous comprenez peut être le besoin d’avoir une couche de fond de teint qui agit comme une « carapace » entre vous et le monde extérieur (l’un de ces remèdes impliquait une culotte).

Je ne suis pas en train de dire que ce soin a transformé mon visage. Ma peau a mis 5 ans à se débarrasser (à peu près) de cicatrices d’une acné très sévère, c’était progressif et je m’apercevais à peine qu’elles diminuaient et disparaissaient peu à peu (même si on les voit encore quand on y fait attention bien sûr, le tissu cicatriciel ne redevient jamais comme avant). Mais quand je suis ressortie de ce soin relaxée, glowy, avec l’impression d’avoir la peau plus ferme, lumineuse, j’ai réalisé qu’une page s’était tournée. Je pouvais me promener dans la rue sans maquillage et sans que personne ne me dévisage (en réalité, j’aurais pu le faire depuis un bon bout de temps, mais je ne l’avais pas réalisé, je pense. Dans mon esprit, j’avais toujours une peau « à problèmes »).

Je continue de voir Elaine régulièrement et j’ai vraiment l’impression que chaque soin atténue un peu plus mes cicatrices. J’ai récemment appris à faire du guasha pour le visage sur moi-même (et aussi sur les autres, du coup Cher&Tendre réclame son massage tous les soirs) (à noter : cette technique est récemment devenue hyper trendy, et c’est très cool mais rappelons que c’est une technique issue d’une médecine ancienne) (et qu’à tout prendre, je préfère donc acheter du matériel traditionnel et faire réaliser ce soin par une personne diplômée en Médecine Traditionnelle Chinoise plutôt que d’acheter un truc hors de prix chez Marionnaud ou faire réaliser le soin dans un institut d’esthétique luxueux) et essaie de le faire tous les jours (notamment parce que c’est agréable !). Je n’ai pas remis de fond de teint depuis trois mois.

Certains jours j’ai un bouton, ou plus de cernes, ou encore les yeux gonflés ou le teint moins frais. Mais je ne ressens plus le besoin de les cacher (sauf si je veux m’apprêter particulièrement pour un évènement, évidemment).

Il n’y a pas vraiment de morale ni de conclusion à ce post décousu. A part que :

  1. Rien n’est aussi plaisant que se masser le visage et le trouver plus frais et lumineux (si vous voulez le faire aussi, c’est vraiment assez simple, voici un exemple de tutoriel).
  2. A part « se faire masser le visage par quelqu’un de professionnel », évidemment
  3. Si vous avez de l’acné et des cicatrices, je compatis, et ça peut être long, mais UN JOUR ce sera derrière vous
  4. Cette année en août, j’ai « fêté » mes 10 ans de fin de chimiothérapie et il me semble qu’une page est tournée, de plein de manières différentes.
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5 thoughts on “Et puis un jour, j’ai arrêté le fond de teint

  1. Même parcours acnéique!!! J’ai tenté à plusieurs reprises d’arrêter la pilule et j’ai toujours recraqué tellement je ne voyais pas le bout du tunnel!
    J’arrive à sortir sans fond de teint mais pas sans ma CC cream Etape après etape! Merci pour ton temoignage authentique et sans fard! On est dans la VRAIE vie pas la retouchée! Grosse bise

    • Merci pour ton commentaire ! Franchement la dernière fois que j’ai vu ma sage femme (pour une consultation de suivi gynéco, pas d’annonce haha) et elle me dit « vos douleurs, c’est peut être de l’endométriose, éventuellement il faudra reprendre une pilule… ». ALORS COMMENT DIRE j’ai mis 3 ans à « sevrer » mon corps de la pilule, à coups de visage détruit par les boutons et de cicatrices, donc à moins que ma vie en dépende, c’est NON ! :'(

  2. Quel bel article! Bravo pour tes 10 ans de fin de chimio !

  3. Waouh, contente pour toi ! C’est un sacré « progrès » en effet, tu dois être vraiment heureuse. Je n’ai pas une super belle peau, entre de petites marques d’acné, des tâches dûes au soleil (rien de fou), une tendance à avoir des points noirs, la peau grasse et des boutons hormonaux (parfois un seul, parfois 5, et des gros), ce n’est pas terrible. Je ne sors jamais sans mettre de la poudre minérale couvrante, sachant cependant que, me déplaçant à vélo, je transpire généralement un peu et elle est absorbée au bout de 5 min (ou alors elle n’est pas efficace !). Mon cas est moins pénible et sévère que le tien, mais je vois quand même relativement bien ce que tu as pu vivre (à une époque, j’ai eu une acné plus sévère et notamment sur la poitrine et dans le dos, c’était atroce). J’imagine que tu as testé, vu que tu as TOUT testé, mais l’huile d’argan pure et artisanale (on m’en avait ramené du Maroc) aide assez bien à effacer les cicatrices, autant que faire se peut. Je ne connaissais pas le guasha, c’est génial que ça marche. Bref.
    Désolée pour le commentaire décousu, en gros : je suis contente pour toi !

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